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Inquiétudes et Réflexions d’un Militant des Droits de l’Homme par Ciré Cledor Ly, Avocat à la Cour

Le Sénégal a longtemps été considéré comme un bastion de stabilité en Afrique, en raison de ses valeurs républicaines, de sa démocratie solide et de son attachement à l’État de droit. Les régimes politiques successifs ont su surmonter les crises grâce à une utilisation proportionnée et nécessaire de la violence d’État pour restaurer l’ordre et la sécurité publique.

Autrefois, ceux qui détenaient le pouvoir avaient toujours à l’esprit la primauté du droit, le respect de l’équilibre des pouvoirs et la cohésion sociale, éléments essentiels pour maintenir la paix et la stabilité. La concertation, le dialogue national et la médiation étaient des outils précieux pour rétablir une entente durable et la cohésion sociale.

Cependant, le Sénégal semble avoir sombré dans une crise démocratique, avec la déchéance de l’État de droit, la décadence institutionnelle et culturelle, ainsi que des atteintes graves aux libertés individuelles. Les libertés publiques, le droit à la justice, la liberté d’expression et d’association ont été confisqués par des politiciens et des magistrats, tandis que le pouvoir d’État est devenu un instrument de répression contre le peuple.

Malgré les appels au dialogue, il est important de ne pas ignorer la réalité cruelle de la situation. La libération de certaines personnes ne doit pas servir à maintenir d’autres en captivité injuste. Le Conseil Constitutionnel a également manqué à son devoir en retardant sa décision sur le respect de la constitution et des valeurs républicaines.

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La décision ambiguë du Conseil Constitutionnel a semé le doute et l’incertitude, menaçant davantage la stabilité du pays. Si la transparence électorale est assurée, le Conseil n’aura pas à prolonger le processus électoral au-delà du 2 avril 2024, ni à envisager un second tour improbable.

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Cependant, si aucune date n’est fixée pour l’élection conformément à la loi en vigueur, la situation risque de devenir encore plus confuse et chaotique. Les conséquences d’un coup d’État institutionnel avorté pourraient être désastreuses, compromettant même la célébration de l’indépendance du pays.

Les peuples tirent toujours des leçons des épreuves qu’ils traversent. Ils apprennent de leurs erreurs dans le choix de leurs dirigeants et de leurs juges. Il est impératif que les institutions du Sénégal retournent aux valeurs qui ont fait sa force : le respect de la démocratie, de l’État de droit et des droits de l’homme.

Ciré Cledor Ly, Avocat à la Cour

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