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Abdourahmane Diouf : « Les sanctions contre le Mali sont excessives et précipitées »

Le Parti AWALÉ n’est pas d’accord avec les sanctions économiques et financières prises contre le Mali le 09 janvier dernier par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). A travers un communiqué de presse, le président Abdourahmane Diouf et Cie considèrent que « les sanctions économiques et financières à l’encontre des autorités de la transition de la République du Mali et de son peuple sont précipitées et excessives et ne concourent pas à défendre la CEDEAO des peuples. Nous admettons que la transition proposée de cinq ans par les autorités maliennes parait trop longue, même si un délai allant jusqu’à fin décembre 2026 pour la tenue de l’élection présidentielle est avancé par les Assises Nationales de la Refondation (ANR) du 13 décembre 2021. Mais la revoir à la baisse ne devrait pas ignorer la légitimité qui la cautionne dans le cadre d’un dialogue national inclusif ».

Pour autant, la communauté internationale, souligne le même document parcouru par Le Témoin, la CEDEAO en l’occurrence, doit prendre en compte les souffrances du peuple malien, le contexte sécuritaire ambiant et les nécessaires ajustements institutionnels préalables à l’organisation d’élections apaisées, libres et transparentes. Le parti AWALÉ rappelle que le Mali a rompu, par deux fois, son ordre constitutionnel, pour faire face à des événements exceptionnels. « Le seul fait d’organiser des élections n’est pas en soi la solution aux maux de ce pays frère. L’approche punitive n’est pas la meilleure. La CEDEAO et l’UEMOA doivent privilégier une approche pédagogique d’assistance technique et de suivi démocratique pour faire revenir le Mali dans le giron de la normalité. Le parti AWALÉ attire l’attention sur le fait que notre pays, le Sénégal, doit faire face à ses contradictions et opter pour une politique d’intégration régionale cohérente. De sa position officielle, notre pays attend des autorités de la transition malienne qu’elles organisent des élections dans un délai trop court, alors qu’il peine lui-même à organiser des élections locales depuis deux ans et demi. Ces élections ont été reportées à trois reprises entre juillet 2019 et janvier 2022, à des moments où le Sénégal a des institutions normales qui fonctionnent et ne fait face à aucune crise majeure. Nous ne pouvons pas exiger des performances démocratiques exceptionnelles à un pays voisin qui vit des heures sombres alors que nous n’avons pas la rigueur d’exiger de nous-mêmes des performances démocratiques ordinaires en temps normal ! » soulignent Dr Abdourahmane Diouf et Cie.

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