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Le Sahel, au-delà des maux et des mots, l’UA et la CEDEAO, la conséquence de leurs inconséquences!

La zone Sahel, jadis regroupant le Senegal, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la CI,….fait de nos jours face à de multiples crises. De toutes ses crises, celle securitaire nous parait la plus impactante, la base des autres.
Majoritairement, les pays de cet espace, malgré la mise en place d’un G5 Sahel, sont entrain de subir des atrocités énormes.
D’emblée, j’ose affirmer que la base de cette « force », mettant à l’ecart de potentiels membres, avec des compétences diverses et averées, et mieux, initiateur même du terme Sahel à l’image du Senegal, était tout simplement pas intelligente. Exclure le Senegal, le Cameroun, L’Algerie, le Maroc, le Nigeria d’une initiative aussi importante de lutte contre l’avancée du terrorisme ne pouvait présager que d’un échec sans précédent.
S’y ajoute un paradoxe manifeste. En effet, les armées de ces 5 pays, combinées à celle de la France présente (Force Barkhane), font au moins le double des djihadistes qui à leur guise, font la pluie et le beau temps dans cette zone dite du Sahel. Si toujours en Afrique, particulièrement dans la zone Ouest, nous peinons à avoir une riposte digne et à la hauteur des enjeux, nous interroger sur nos structures communautaires et continentales devient un préalable nécessaire. Par ces temps qui courent, la crise s’accentue, le défi devient plus lointain, la stratégie se complique. Le decés de « l’Afro-securi-crate », le Maréchal tchadien Idriss Deby, le double coup d’Etat malien, le probable retrait des troupes françaises au Mali, conjugués à la faiblesse des armées nationales du Burkina, de la Côte d’Ivoire…, exposent ces pays qui font visiblement l’objet d’une convoitise intense de l’international Djihadiste. Ce dernier a dit tout haut à qui veut l’entendre, qu’il a un projet émergent denommé « le Kalifa Islamique », histoire de déménager de l’Afganistan en Afrique, terre à partager pour toute l’humanité. L’assassinat du guide libyen, Khadafi, est passé par là. Cet événement a declenché toutes les rebellions dormantes de la zone. Le Mali et le Burkina n’echapperont pas à cette règle.
Pour ce qui est du Mali, quand nous voyons, nous jeunesses africaines, l’inconséquence des organismes telles que la CEDEAO et l’Union Africaine, se precipiter pour suspendre ce pays de ces instances une deuxieme fois dans une année, nous estimons qu’ils ne font que confirmer ceux qui disent que ces dits-organismes ne sont que des clubs de chefs d’Etats ou de fonctionnaires, qui ne défendent que leurs semblabes.

Même si cette fois-ci, les frontières ne sont pas fermées, alors que le peuple malien ne demande qu’un mieux être, une paix durable dans une continuité territoriale assurée. Le deuxième coup d’Etat malien, survenu en pleine transition, n’est pas issu du peuple malien, mais de la junte militaire. La logique voudrait que les victimes des sanctions soient les auteurs stricto sensu, pas le peuple dans son ensemble comme l’a clairement indiqué l’article 25 de la CADEG. Et mieux, un autre pays africain, pas loin de ce Mali, a connu des situations politiques anti-constitutionnelles similaires, et il n’a pas été suspendu de ces instances.
Tout ceci, pour dire que ces décisions, d’une inconsequence absolue, ne sont motivées que par une volonté d’isoler un peuple, de suivre la France dans sa logique de déstabilisation de la zone Sahel. Ce qui à coup sûr , au delà de mettre ce pays dans un gouffre, ne laissera jamais nos terroirs locaux intacts. À la CEDEAO des chefs d’Etat, nous voulons substuer la CEDEAO des peuples comme nous le disons, nous jeunesses africaines.
Nous jeunesses africaines, disons non au remplacement d’une puissance coloniale, la France, avec une autre super puissance néocoloniale la Russie. Cette dernière,à son tour, malgré qu’elle puisse être un partenaire plus équilibre du fait qu’il n’a pas été colonisateur de l’Afrique, malgré qu’elle a un oeil nouveau sur la diplomatie africaine, ne fera pas moins que défendre ses interêts en Afrique. Oui nous voulons d’eux chez nous, mais plus comme des maîtres mais des partenaires d’égale dignité. Nous voulons, que l’Afrique défende l’Afrique, que l’Afrique ait une armée commune africaine pour défendre les africains ici, en Afrique.
Nous jeunesses africaines, demandons l’intégration immédiate du Mali dans toutes ces instances où son sort est sensé au menu. Le peuple frère et ami du Mali, a besoin d’une assistance pour mener à bien sa transition vers un régime normal et démocratique. Reconstruire le tissu social et faire de sorte que le pacte de confiance, base de toute organisation sociale soit noué à nouveau. Ce peuple a des aspirations nobles, sérieuses et responsables. Il ne merite qu’assistance et soutien sincère.
Pour le peuple ami et frere du Burkina, nous compatissons et partageons entièrement la douleur suite à cette énième attaque contre des villageois, civils. Le mutisme international ou devrais-je dire, le manque de réaction de la communauté internationale, surtout de nos dirigeants africains choque. Ils s’impatientent à être Charlie mais pas SOHLAN malgré ses 160morts. Nous ne sommes pas fiers de vous. Et puisque l’autre ne nous traite que de la même manière que vous nous traitez, il ne s’occupe guère de ce que nous subissons dans pareille circonstance.
Cheikh Anta avait raison de le dire « la securité précéde le développement ».
Nous ne réclamons qu’une réorganisation du G5 Sahel en G5+5. L’apport des 5 nouveaux, précédemment cités, à savoir le Sénégal, le Maroc, l’Algerie, le Cameroun et le Nigeria, sera utile, efficace et nécessaire pour un Sahel stable et emergent. Il est temps que nos priorités soient recentrées autour des enjeux sécuritaires. Il est aussi temps, que nous nous aimions nous africains. Cette jalousie et haine entre frères africains n’a pas de place entre nous. Oui l’histoire peut pousser, elle peut rendre méchante, surtout quand elle est mal racontée comme c’est le cas dans plusieurs cas chez nous. Mais si nous voulons la réécrire, cette histoire d’une Afrique nouvelle, d’une Afrique forte et imposante, nous devons nous regarder en frères, pas en concurrents. Notre destin commun n’est pas du hasard, ça renseigne de notre devoir, de mettre nos énergies et nos intelligences ensemble afin de trouver une issue heureuse à nos soucis. Aucun de nos pays, pris individuellement ne peut tenir.
Et à ce rythme, l’Afrique sera bientôt l’épicentre du terrorisme mondial. Il nous faut agir, collectivement et vite.

Pensées pieuses à toutes ces victimes et nos condoleances aux peuples burkinabé et africain!

Vivement, une transition pacifique envue d’un retour à l’ordre constitutionnel et democratique au Mali.

La patrie ou la mort, l’Afrique vaincra!

Ablaye Ngom, Juriste, afro-inconditionnel, SG des Jeunesses Nationales du Mouvement Panafricain et Citoyen Luy Jot Jotna (MPCL)

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