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Les oubliés du Plan Sénégal Émergent (PSE)

Le Daande Maayo qui va de Nawel à Dembancané et regroupe trente-sept villages présente à lui seul toutes les pathologies caractéristiques d’une région pauvre, arriérée : enclavement, absence d’infrastructures sanitaires, scolaires, d’une administration de proximité pour gérer plus rationnellement l’état-civil, difficile accès à l’eau potable, à l’électricité, aux financements des femmes et des jeunes, d’un système de pompage performant dans les périmètres agricoles.

Le Daande Maayo sud, à l’instar d’autres communes et localités du pays, est tributaire des incohérences territoriales dues à un découpage administratif fantaisiste, inspiré de l’Acte III de la Décentralisation, de manque de collèges, de lycées, de centres de formation, de postes de gendarmerie, etc . . . Des doléances que l’Association Daande Maayo Émergent (DME) porte au pinacle.

En effet, dans son dernier point de presse en date du 20 décembre 2020, l’Association Daande Maayo Émergent (DME), persiste à insister pour le bitumage de l’axe Nawel-Dembacane, Thialy-Kanel pour un désenclavement intégral du Daande Maayo sud. Cette Association qui a des ramifications dans la Diaspora croit dur comme fer, et à juste raison d’ailleurs, que le désenclavement de la localité est la voie obligée de tout développement économique, social. Que le plan Sénégal Émergent (PSE), cher au président Macky Sall, ne peut faire l’impasse sur toute une contrée censée suffire elle seule à assurer l’autosuffisance alimentaire de toute la région.

Au-delà des réalisations effectuées par le gouvernement dans le domaine sanitaire et scolaire, on peut être fondé à croire qu’un pas a été fait, et qu’il urge d’attaquer le bitumage de l’axe Nawel-Dembacané qui, avec les ponts de Ganguél Soulé, de Wendou Boussoyabé, les pistes Bow-Ouro Sidy, Bow-Soringho, ouvre un large boulevard vers le désenclavement, vers le développement tant souhaité par les filles et les fils du Daande Maayo.

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Encore faudrait-il se désoler ici de la volonté exprimée par les services de l’État, notamment le Trésor, de prélever 360 millions de francs cfa, 18% sur l’enveloppe de 2 milliards de francs cfa allouée par les bailleurs pour la construction d’un pont et d’une piste Bow-Soringho, au point de provoquer l’arrêt des travaux.

Les bonnes intentions manifestées récemment par le président de la République et son administration doivent être suivies d’effets immédiats pour restaurer la confiance, l’espoir des Matamois. Pour ce faire, le président Macky Sall doit annoncer le ton en dotant le plus rapidement possible le Centre hospitalier régional d’un scanner : le Centre en manque depuis plus de huit mois, obligeant certains malades à se rendre jusqu’à l’hôpital Matlaboul Fawzaïni de Touba pour y faire faire leurs analyses et, si possible, y être admis.

L’hôpital de Ourossogui, face à la Covid-19, manque de matériels. Il ne dispose que de trois respirateurs, pour une région où la pandémie a pris une envergure troublante au point d’être citée parmi les régions les plus infectées. Occasion ne peut être plus propice pour voler à la rescousse des frères contaminés. N’est-ce pas le geste minime que le président Macky Sall doit d’abord effectuer pour rassurer les concitoyens qu’il est de bonne foi ?

Il s’y ajoute alors le tronçon Thilogne-Ourossogui qui devait être réceptionné depuis belle lurette, mais toujours cahoteux et rouge de poussière. Macky Sall s’épargnera certainement d’emprunter cette voie qui fait la honte de tous les habitants et usagers de ce tronçon.

Il en est de même du District sanitaire de Thilogne mis en service alors que les travaux restent à être terminés notamment le forage, les logements du personnel, etc . . . L’Hôpital Abdoul Cissé Kane des Agnams, quant à lui, n’est même pas encore fonctionnel.

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En plus de la route, le plan Sénégal Émergent (PSE) a certainement prévu d’introduire le solaire comme source d’énergie, capable de faire fonctionner les forages, le matériel agricole, l’énergie domestique, et réduire considérablement les coûts de production, pour réaliser des rendements d’échelle.

Il faudrait également installer des banques de crédits agricoles à taux d’intérêt raisonnables, des magasins de vente de matériel et produits agricoles, un système rationnel organisé d’écoulement de produits vivriers, de stockage et de conservation des produits agricoles.

Un aéroport fonctionnel tous les jours, c’est des évacuations sanitaires, des séjours d’affaires, un service fret opérationnel, des vivres frais qui peuvent être destinés régulièrement à l’extérieur, en toute saison. Atteindre l’aéroport de Ourossogui pour plus de 600 km en 90 environ, c’est une opportunité économique qui s’ouvre pour tout un monde d’hommes d’affaires, d’investisseurs, de commerçants et de petits métiers.

Des opportunités sur le secteur hôtelier, le redéploiement des succursales des agences de voyage. Tout un travail : réservations, achats de billets, faire ses formalités d’enregistrement depuis l’aéroport de Ourossogui et l’aéroport international Blaise Diagne, devient une escale pour les vols par correspondance vers l’Europe, les Etats-Unis et d’autres destinations dans le monde.

Avec les populations du Fouta, le président Macky Sall est entrain de livrer son dernier round. Aura-t-il réalisé toutes ses promesses à date échue, pour se faire valider sa troisième candidature ou va-t-il faire du tape-à-l’œil pour les circonstances d’une visite présidentielle pour après s’éclipser et, à la fin, se retrouver rejeté par les Bandiraabe ?

Les élections municipales et départementales n’étant pas à l’ordre du jour pour l’année en cours, les populations ont l’avantage du “wait and see” ; elles attendront toujours le président sur le terrain des promesses tenues avant de se décider : l’axe Nawel-Dembancané, point de mire du courroux d’une partie très importante de l’électorat du Fouta.

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