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Et cet assassin veut se faire une nouvelle virginité en se servant de la presse ! (Par Daouda Mine)

Le samedi 15 mai 1993, six jours après la tenue des élections du 9 mai 1993, pendant que les Sénégalais attendent les résultats du scrutin, un éminent fils du pays, ancien député maire de Saint-Louis, vice-président du Conseil constitutionnel, est assassiné.

Aux environs de 15 heures, après une séance de travail, Me Babacar Sèye quitte son bureau au Conseil constitutionnel pour rejoindre son domicile à Dieuppeul. Il emprunte la Corniche-Ouest à bord de son véhicule de fonction R25 immatriculée DK-9110-G. Son chauffeur Abdou Aziz Ngom et son garde du corps, le brigadier-chef de police, Momar Niang, agent de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip), l’accompagnent.

A hauteur de la rue des Ambassadeurs au Point E, les occupants d’une voiture criblent de balles le véhicule du Président Sèye, le blessant grièvement avec son garde du corps.

Le chauffeur accélère, engage la voiture sur la route de la Corniche Ouest. Il est pris en chasse par les occupants d’une Peugeot 505.

A hauteur de l’intersection de l’avenue Martin Luther King et celle des Ambassadeurs, alors que la voiture du juge s’apprête à tourner à droite, elle est encore criblée de balles. Me Babacar Sèye est touché mortellement à la tempe gauche ainsi qu’au genou gauche. L’agent de la Bip, bien que grièvement atteint, réussit, au prix d’un immense effort, à avertir, par radio, les services de police qui sont aussitôt venus leur porter secours.

Le chauffeur s’en sort indemne. Tandis que blessé, Me Sèye, est admis au bloc opératoire de l’hôpital Principal. Son décès est constaté à 15h 35.

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Le dimanche 16 mai 1993, la levée du corps a eu lieu à l’hôpital Principal. Et l’inhumation le même jour en fin d’après-midi, au cimetière Tiaka Ndiaye, de Saint-Louis.

L’enquête déclenchée finira par identifier Amadou Clédor Sène, Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté comme étant les membres du commando ayant ôté la vie au juge constitutionnel.

Après une instruction ayant duré plus d’un an, leur procès débute le lundi 26 septembre 1994 devant la Cour d’assises de Dakar. Et le 30 septembre de la même année, Amadou Clédor Sène est déclaré coupable d’assassinat et condamné à 20 ans de travaux forcés. Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté écopent de 18 ans de travaux forcées.

Même s’ils ont été graciés en février 2002 par le président Abdoulaye Wade et amnistiés le 7 février 2005 en faveur de la loi dite Ibrahima Isidore Ezzan, ils n’en demeurent pas moins des assassins. Ils ont été déclarés coupables de ces chefs et suivant les dispositions du code de procédure pénale, ils ont écopé de peines afflictives et infamantes. Ils ont ainsi perdu jusqu’à leurs droits civiques.

En 2017, le même Clédor Sène est condamné, à nouveau, par le tribunal correctionnel de Dakar pour «abus de confiance».

Aujourd’hui, cet homme veut se découvrir une nouvelle virginité. Il veut s’ériger en parangon de vertu, en sentinelle de la démocratie. Il multiplie les sorties médiatiques et écument les plateaux de télévision.

Pour ma part, je pars du principe qu’une source crédible conduit à un reportage crédible. Comme nous l’avons tous appris, la source journalistique est en quelque sorte un fournisseur d’informations. Il donne au journaliste la matière dont il a besoin pour construire la nouvelle.

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Le journaliste est un peu comme un cuisinier qui prépare un repas : il doit varier ses ingrédients et choisir les épices qui rehausseront le goût des aliments, mais il doit quand même vérifier si ce qu’il utilise est périmé !

Moi j’estime que Clédor Sène est périmé. Il n’est ni plus ni moins qu’un assassin. Il fait partie de la race des contre-valeurs. Il ne peut pas et ne doit pas être un héros. Il ne peut pas et ne doit pas être une source crédible de la presse. A moins que ce soit une affaire le concernant directement.

(Par Daouda Mine)

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