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Khadafi trepassa, le Sahara se délita et la fibre liant les nations se fébrile ! Par El Aboubacar SYLLA

L’Afrique entière est choquée par les derniers massacres survenus au Mali. Selon les dernières estimations, on ne compte pas moins de 134 villageois Peuls assassinés des manières les plus atroces à Ogassagou. Malheureusement, cette boucherie est que le fruit d’un long processus de délitement politique de la région du Sahara, inauguré le jour où Kadhafi trépassa.
Kadhafi, qu’on aime critiquer pour son autoritarisme, a par sa présence su tenir les terroristes éloignés du Sahara. Il assumait ce rôle de gardien régional. Sa mort n’a non seulement ouvert les portes de la région aux mouvements terroristes de tout bord, mais également permis que ses stocks d’armes tombent entre les mains des ennemis de la civilisation africaine. L’Occident, et tout particulièrement la France, portent une grande faute dans cette affaire. Depuis, le Sahara est une zone de guerre permanente et la population Peul a fini par tomber entre deux feux.
Séduits par les mouvements terroristes, des jeunes Peuls ont rejoint le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), attirant sur toute la population Peul le courroux des autres groupes ethniques du pays. A partir de cet instant, ils sont devenus exposés et la tragédie qui vient d’avoir lieu n’était qu’une question de temps. Elle est symptomatique comment la déstabilisation systématique du Sahara par des puissances étrangères et le financement du terrorisme génère des actes barbares qu’on pensait réglé depuis longtemps. Elle démontre aussi comment la haine semble l’emporter sur le désir de vivre en paix.
Il ne faut pas se leurrer, ce qui est arrivé à Ogassagou est non seulement tragique, mais extrêmement dangereux pour toute l’Afrique de l’Ouest. Plus la guerre perdure au Sahara, plus les tensions entre les groupes ethniques montent. Il arrivera un moment où la fibre qui tient les nations africaines ensemble va se défaire. Les sociétés humaines ont des limites de ce qu’elles peuvent supporter avant de céder au chaos et le chaos est la chose la plus dangereuse pour toute civilisation humaine.
Il faut donc que les pays africains prennent leur responsabilité. La crise au Mali est très sérieuse et si elle n’est pas résolue, elle finira par contaminer toute la région. Egalement, il faut que les pays véritablement responsables de cette situation, à savoir la France et le Royaume-Uni, assument la responsabilité de leurs méfaits. Ils ont destitué Kadhafi et laisser un vide s’installer qui est une des grandes causes de la situation actuelle. Ogassagou serait probablement encore débout si le Président Sarkozy n’avait pas lancé sa campagne contre un dirigeant libyen qui avait la vertu de garantir la paix et la stabilité. Ma volonté n’est pas de sanctifier Kadhafi, mais de mettre en avant qu’il était un acteur géopolitique central et qu’on l’a éliminé sans réfléchir à une solution de substitution.
Mon cœur saigne pour les pauvres gens ayant été massacrés à Ogassagou, mais je crains que nous risquons d’assister à d’autres massacres si les dirigeants africains ne réagissent pas avec fermeté et efficacité devant cette crise généralisée. Ogassagou est le symptôme d’une maladie qui est entrain de tuer le corps ouest-africain. Nous devons mettre un terme aux groupements terroristes dans la région afin de mettre la base pour la paix, la stabilité et l’harmonie entre les groupes ethniques. C’est, je crains, la seule vraie solution, pour éviter des nouveaux massacres.

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